Episode 1 : Péli, on est samedi !!

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«  Péli réveille-toi ! Qu’est-ce que tu fous encore au lit il est 9h30 ! » Elise secoue Pélagie pour qu’elle se réveille.

« Péli ! Mais get up ! What’s wrong with you ? »

« Hein quoi ? Ah coucou Elise. Qu’est-ce qui se passe, tu veux la place à la salle de bain ? Vas-y, chui pas pressée ce matin…. » dit-elle en se tournant sur le côté.

« Mais Pélagie connecte un peu, on est samedi, il est 9h30 ! Dans une demi-heure tu dois être à la librairie fraîche et pimpante ! C’est-à-dire que tu as 10 minutes pour te faire une beauté et vu ton état, y’a du boulot ! Qu’est-ce que tu as branlé hier soir ? Tu es rentrée à 4h, cocotte ! »

« Hein quoi !? Pélagie s’est assise dans son lit. Les cheveux en l’air, les yeux écarquillés elle crie : 9h 30 ! »

« Enfin 34 maintenant… »

Pélagie saute sous la douche, puis dans ses vêtements, attrape son sac à main, embrasse Elise sur la joue en lui disant :

« Faut que je te raconte, mais là… j’ai pas le temps. Merci de m’avoir réveillée, waouh, j’étais loin…. Que ferais-je sans toi… »

« Qui vient à ma rencontre… oui merci je connais la chanson… Dis-moi au moins un prénom ! »

« Lééoo… » lâche Pélagie avec un grand sourire et les yeux pétillants.

Elise n’a pas le temps de réagir que la porte a déjà claqué. Elle entend les pas qui dévalent les escaliers. « Ce matin, on n’est pas loin de l’éléphant qui apprend à marcher » se dit-elle en se penchant sur sa tasse jaune encore pleine de café.

 

Léo… Elle n’est pas rassurée. Elle n’aime pas ce Léo. Elle l’a croisé plusieurs fois au O’Sullivan pour les quiz. Il ne l’inspire pas. Sa manière de regarder les gens lui paraît suspicieuse. D’ailleurs, elle s’est déjà faite sa petite conclusion : encore un de ces mecs fumeux qui se la joue intellectuel, voire écrivain, pour épater la galerie, et surtout appâter les petites minettes du genre de Pélagie, toute douce et toute naïve.

 

Cela fait 6 mois que Pélagie a débarqué à Paris et Elise doit bien se l’avouer, elle aime beaucoup la proximité qui s’est créée entre elles. Elise redoutait un peu de devoir à nouveau partager son appartement faute de pouvoir s’offrir à la fois ses petits plaisirs musicaux et son loyer. Mais finalement cette Pélagie est bien la meilleure chose qui lui soit arrivée ces derniers temps. Une insouciance à toute épreuve, un espoir en la vie quasi inébranlable et ce, malgré ses incertitudes professionnelles et toutes ses maladresses.

 

« Euh… excusez-moi, est-ce qu’on peut s’arrêter un instant sur les maladresses de Pélagie ? Oui c’est moi, Elise, c’est moi qui parle. Je profite d’être seule pour prendre un peu la plume si ça ne vous dérange pas.

Alors je disais donc les maladresses de ma chère et tendre colocataire. Oui, le premier jour à la librairie, elle a fait tomber une pile de livres, bon ok ça ne casse pas.

Pas comme mon petit service de tasses à café que j’avais, oui vraiment bêtement, placé à côté de la machine… à café. Dès la deuxième semaine de cohabitation, elle lui a fait la peau en ouvrant le placard du dessus !! Je n’ai pu sauver que la tasse jaune, qui n’est pas du tout ma couleur préférée !!

Ma grande plante qui tentait de devenir un arbre, tranquille, dans un coin du salon ; elle s’est pris un de ses coups de manteau, un matin où Péli m’a parlé en s’habillant. Elle ne s’en est pas encore remise… D’ailleurs, j’espère qu’elle va s’en remettre !!

Et la dernière en date, vraiment mémorable, au O’Sullivan : Pélagie se lève pour aller aux toilettes et embarque littéralement avec elle la table de pintes qu’on était en train de boire. Cinq pintes qui se répandent sur le sol et dans nos sacs. Il y a eu un moment de silence, on s‘est tous regardés puis devant la mine déconfite de Péli, nous est venu un énorme éclat de rire ! Comment ne pas craquer devant sa bouille, en tout cas on s’en souviendra de celle-là ! »

 

« Euh… Elise, ça va ? Je te rappelle que ce n’est pas toi le narrateur. Je repends la main, si tu veux bien. »

« Mouais… »

En 6 mois Elise a développé une certaine tendresse pour Pélagie. Ça l’embêterait beaucoup de la voir souffrir parce malmenée par un séducteur manipulateur qui va, par la force des choses, faire la pluie et le beau temps dans leur colocation.

« J’aurais pas dit ça comme ça, mais on peut rester là-dessus.

Narrateur : – Elise !

Elise : – Je donne juste mon opinion !

Narrateur : Reste tranquille, ça ne se fait pas d’embêter le narrateur. Attention à toi, si tu ne veux pas avoir une jambe cassée ou « juste disparaître » au prochain épisode. Merci !

Elise : – Impossible, c’est pas une série tragique et je fais partie des personnages principaux…

Narrateur : – Tout est possible, ce sont les lecteurs qui choisissent. Je continue, y’a Pélagie qui vient d’arriver là, elle nous attend. »

 

Dix heures pétantes, Pélagie arrive devant la librairie. Clément et Dorothée s’affairent déjà à l’intérieur. La directrice, Christine, la suit du regard alors qu’elle passe le pas de la porte.

« Un peu plus et tu aurais été presque en retard. Tu sais très bien que je n’aime pas ça, Pélagie !

– Effectivement, mais ce qu’on peut retenir, c’est que je ne le suis pas, en retard. »

La directrice la fixe les sourcils levés. Elle ne sait pas quoi répondre, elle ne s’attendait pas à ce que Pélagie lui réponde et avec un peu d’insolence en plus !

Clément et Dorothée replongent aussitôt leur nez respectifs dans les cartons qu’ils sont déjà en train de trier. Pélagie va poser son manteau dans l’arrière boutique et revient tout sourire aider ses collègues.

Clément lui glisse à voix basse : « Vas-y mollo ma douce, tu ne le sais pas encore mais notre chère directrice est très rancunière. »

Dorothée lui demande : « Quelle mouche t’a piquée ce matin ? »

Pélagie les regarde en souriant : « La voilà ma mouche. »

Léo se tient sur le pas de la porte.

 

Clément et Dorothée ont du mal à cacher leur surprise. Dorothée un peu jalouse pense à voix haute : « Mais comment c’est possible? Moi je n’ai que 3 ans d’écart avec ce beau gosse de tous les temps. Alors que toi Pélagie tu en as … 13 ! Et moi j’ai du style en plus ! » Dorothée, vexée, fait un demi tour sur-elle-même et part dans l’arrière boutique. Clément quant à lui balance la tête de droite à gauche en signe de désapprobation. Il aime beaucoup Léo pour toutes leurs discussions littéraires qu’il ne peut pas avoir avec d’autres. Mais il sait que son comportement avec les filles… n’est pas toujours … comment dire, n’est pas toujours …. disons sympa. Léo est un grand séducteur, jusque là ok. Mais il ajoute à tout ce jeu, une pincée de quelque chose, qui a toujours paru un peu bizarre à Clément. Un peu comme si son vrai plaisir était de voir les effets de son propre charme sur des filles en faiblesse, car charmées.

Léo se dirige vers Clément pour discuter un peu. Puis vient vers Pélagie qui malgré elle rougit.

« Tu es habillé comme hier. Tu n’es pas repassé chez toi depuis qu’on s’est quittés ?

– Si j’ai pris ça pour toi. »

Il lui tend un livret format A4 relié avec une spirale en plastique vert. Sur la première page protégée par une feuille en plastique transparent est inscrit La plume des rêves. C’est le roman qu’il a écrit l’année dernière et qu’elle lui a demandé de lire.

Pélagie prend le manuscrit, elle sent son cœur qui va exploser dans sa poitrine. Elle regarde Léo puis en essayant de prendre le ton le plus détaché que sa voix lui permette dans cet instant d’immense bonheur. « Je vais voir ce que je peux faire ».

Un silence intense se pose un instant dans la libraire. Dans ce moment comme suspendu, une voix criarde retentit du fin fond de l’arrière boutique : « Pélagie !!! ». C’est Christine, la directrice, son timbre aigu et strident n’a pas son pareil et est très facilement reconnaissable.

Léo se sauve et Pélagie après avoir fait un bond sur place file de manière mécanique au fond de la librairie.

 

4 commentaires

  • On frôle le #balancetonporc Leo attention à ce que ce site ne devienne pas un repère de féministes plus branchées anti-mâles qu’Antigone!
    Blague à part, très bien écrit et dynamique!

  • Hey, Antigone, c’est pas très anti mâle! 😛

  • Bien écrit et c’est sympa ce petit dialogue entre Elise et le narrateur

  • J’aime bien le style, bravo ! Mais c’est trop rapide entre Léo et Pélagie !!!

Commentaires